Histoire & patrimoine

Histoire du Vallon des Auffes : origine du nom, pêcheurs génois, viaduc de la Corniche, cabanons, pointus et Porte d’Orient.

D’où vient le nom ?

Le vallon doit son nom à une plante, l’alfa ou sparte — aufo en provençal —, dont les tiges servaient à fabriquer cordages, vannerie et filets de pêche. Le vallon était autrefois partagé entre les pêcheurs et des maîtres « auffiers » qui tenaient des ateliers de sparterie. Il est aussi connu sous l’ancien nom de « vallon du Roy ».

Un port abri depuis le XVIe siècle

Le Vallon des Auffes sert de port abri aux pêcheurs au moins depuis le XVIe siècle. Dès 1617, des litiges opposent les pêcheurs marseillais à des pêcheurs venus de Santa Margherita, petit port au sud de Gênes : les « Margaridens ». Au XIXe siècle, le vallon est presque exclusivement habité par des Margaridens et des Génois pratiquant la pêche traditionnelle.

La Corniche, le viaduc et les cabanons

Le chemin de la Corniche est prolongé entre 1858 et 1861 ; le viaduc, attribué à l’ingénieur Jean-François Mayor de Montricher, enjambe alors le port sur 60 mètres. Construit en pierre de Cassis, il forme trois arches en plein cintre de 17 m d’ouverture et 16 m de haut. Le port, désormais relié à la ville, devient un lieu privilégié pour les cabanons : dès 1890, les constructions se multiplient autour du port et le long du chemin d’Endoume.

Le viaduc du Vallon des Auffes
Le viaduc de la Corniche au-dessus du port. Photo : Zairon, CC BY-SA 4.0.

Les pointus

Les pointus, barques de pêche provençales typiques, font partie du paysage du vallon. Au début du XXe siècle, le chantier naval Toche s’installe rue du Vallon des Auffes et construit des bateaux traditionnels marseillais.

Le XXe siècle

En 1944, le viaduc est endommagé pendant la guerre. La digue est construite en trois fois, de la fin des années 1950 à la fin des années 1970, pour protéger le port du vent du sud et de la houle ; le glacis actuel, destiné au rangement des barques, date des années 1960. Le bassin couvre environ 2 000 m² et abrite 88 places de bateaux, essentiellement des barques de moins de 10 m. Les premiers restaurants, dont Chez Fonfon et Chez Jeannot, apparaissent dans les années 1950.

Le Monument aux morts de l’Armée d’Orient

À l’entrée du vallon, sur la Corniche Kennedy, se dresse le Monument aux morts de l’Armée d’Orient et des terres lointaines, dit « Porte d’Orient ». Conçu par l’architecte Gaston Castel avec le sculpteur Antoine Sartorio, il a été inauguré en 1927 par le président Gaston Doumergue et protégé au titre des monuments historiques en 2009. Au centre de l’arche, une Victoire en bronze lève les bras vers le ciel ; un escalier relie son esplanade au port.

Sources : notice Mérimée IA13005950 (POP) ; Office de Tourisme de Marseille ; La Provence.